Mercredi 20 juin 2007
Le dernier étage, au contraire des autres, qui offrent une décoration des plus dépouillées, est fort cossu. De nombreuses statuettes, des rideaux de soie pourpre, une atmosphère capiteuse, presque étouffante.
Une ombre était assise, massive, sur un large fauteuil.
- Laissez nous, Käal-Na.
Le Shïiva, qui m'avait forcé à monter jusqu'ici, repart en grognant, et referme la porte derrière moi, me laissant seul avec la créature, Aby encore inconscient dans mes bras. Par la fenêtre, j'entends Peÿlos hennir, tandis qu'on l'emmène vers l'écurie.
 
- D'ou viens-tu étranger, et que cherches-tu sur mes terres?
La créature se redresse, dévoilant son hideux visage boursouflé et difforme dans le rayon de lumière qui traverse la pièce sombre.
Un frisson de dégoût me parcourt l'échine.
- Eh bien, tu ne me réponds pas, Alkëen? Es-tu trop bête, ou fou, de me défier ainsi?
- Je me rends à Cascërn, du moins je m'y rendais, lorsque j'ai été attaqué… Pour un seigneur de Cascërn, vous êtes bien expéditif avec vos invités.
- Cascërn? Qu'est-ce?
Je suis assez surpris qu'il ignore jusqu'à ce nom.
- Vous ne le savez pas? C'est pourtant là où vous vivez…
- Te moquerais-tu de moi, misérable Alkëen?
Je saisis de moins en moins. Est-il aliéné, ou bien est-ce moi? Je ne sais plus vraiment ce que je fais, depuis cet épisode dans la forêt blanche. J'ai l'impression de ne rien reconnaître… et ces rencontres étranges le long de la route…
 
- Tu es sur les terres de Gëlann, l'hôte des esprits… et puisque tel est mon plaisir, tu va rester ici, et travailler pour nos invités payants…
Je ne comprends rien à ce qu'il me dit, mais un shïiva m'agrippe et m'entraîne vers les dortoirs, quelques étages plus bas…
 
par John L. Kurtiss publié dans : Carnets de route

 "Edya Acatäsh, grand dieu des voyageurs"

Aspenn, terre de légendes et de mystères... Même si de sombres évênements ont entaché de sang les hautes plaines de notre terre, j'aime encore à m'y égarer, perdu dans mes pensées. 

 

Ce que vous lirez dans ces lignes, parfois pur produit des chimères du tabac du Sud et de l'hydromel local, n'est certainement pas écrit pour la postérité, et d'ailleurs ne sera peut être même pas compréhensible à certains.

Mais laissez-moi vous servir de guide, et vous comprendrez que l'on peut s'évader... même dans son esprit.

 

Mon nom est John, et je vous souhaite la bienvenue à Andëmiss Cité-Folle.

 

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