Dimanche 10 juin 2007

Le voyage reprend, après quelques temps laissé de côté… près d'une décade. 

 

J'aime beaucoup la mer, un jour de Panatëum frémissant sous le vent. Cette brise fraîche, qui gifle les cheveux, courant sur les herbes folles pour venir briser les vagues et grignoter les rochers. 

La Presqu'île d'Ekkennÿ étend son bras sur la mer du Soleil Jaune, dans la blancheur ouatée du soleil. 

Tara (j'aime à penser qu'elle se nomme Tara, même si elle ne parvient plus à parler) est assise derrière moi, et enserre de ses mains froides, fantomatiques, ma taille. 

Sans mot, j'avais compris qu'elle ne souhaitait pas laisser sa dépouille mortelle dans ces bois inquiétants. Pour l'heure, le corps est enveloppé dans une couverture fermement attachée en croupe de Peÿlos. 

 

Tout à l'heure, j'irais l'enterrer sur les bords de la falaise, face à la mer et au soleil levant. 

 

 

 

… 

Je prends la dépouille sur mon épaule, sans un mot, le visage fermé. Je l'amène près de la fosse, que j'ai creusée au préalable. Un coin de nature à l'abri du vent, entre deux pentes de terre, pour que la bise ne s'y engouffre pas. 

J''y dépose le corps avec une extrême précaution, en faisant de mon mieux pour qu'il ne cogne pas contre le sol meuble. 

Ceci fait, je me tiens là, devant la fosse ouverte, et entame une homélie, apprise des elfes, lors d'un de mes nombreux voyages : 

   

Nul écho ne résonne, 

Pas un chant, pas un souffle. 

Le jour file dans les cimes, 

et vient le crépuscule rouge. 

 

L'arbre de vie souffre, et rend

Une feuille d'argent aux ombres. 

  

L'heure du sommeil est venu 

pour celui que nous pleurons. 

  Il s'en est retourné libéré 

vers les plaines immortelles. 

 

L'arbre de vie souffre, et rend 

Une feuille d'argent aux ombres. 

 

Aby pousse un glapissement de tristesse, et se blottit contre mon cou. Je le gratifie d'une caresse affectueuse, puis prends la pelle, et entame de recouvrir la tombe.

Tara se penche, et passe sa main à travers l'étoffe mortuaire. Puis, dans un souffle, elle retire ce qui semble être un pendentif, qu'elle portait à sa mort. 

Elle me le tend, avec un vague sourire de remerciements, mêlé de tristesse, et le laisse tomber dans ma main. Le collier en métal tinte faiblement en touchant ma paume. 

 

 

 

Edya Odä, déesse-louve des Vanaheim. 

Tara me sourit une dernière fois, et puis disparaît, brume évanescente, dans le doux crépuscule… 

   

par John L. Kurtiss publié dans : Carnets de route
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 "Edya Acatäsh, grand dieu des voyageurs"

Aspenn, terre de légendes et de mystères... Même si de sombres évênements ont entaché de sang les hautes plaines de notre terre, j'aime encore à m'y égarer, perdu dans mes pensées. 

 

Ce que vous lirez dans ces lignes, parfois pur produit des chimères du tabac du Sud et de l'hydromel local, n'est certainement pas écrit pour la postérité, et d'ailleurs ne sera peut être même pas compréhensible à certains.

Mais laissez-moi vous servir de guide, et vous comprendrez que l'on peut s'évader... même dans son esprit.

 

Mon nom est John, et je vous souhaite la bienvenue à Andëmiss Cité-Folle.

 

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