Samedi 2 juin 2007

...

"J'en ai assez d'avoir toujours raison…"

  

L'intérieur de la petite cabane, perdue au fond de la forêt Blanche, apparaît, macabre, à la lueur de la lanterne. Des morceaux de chair dans tous les coins, et les murs de bois maculés de sang frais. 

Et dans un coin, le cadavre froid et bleu de la jeune fille. 

 

J'entends pleurer derrière moi. La pauvre fille sanglote et s'agrippe à mon manteau, en observant ce corps inerte. 

- Qui t'as fait ça? 

Elle ne me réponds pas. Elle tente bien de parler, mais le son s'éteint dans sa gorge. 

 

...  

Et puis un souffle rauque retentit à l'extérieur. Je pousse du bras la jeune fille, et tire Doninÿo. La lame luit dans le reflet de la flamme tremblante.

Je serre la garde de cuir à m'en lacérer les doigts., tandis que le souffle se rapproche. 

Une ombre passe devant la fenêtre, qui se couvre de buée. 

    

Il ne va pas tarder à entrer… 

    

J'essuie le sang sur la lame, et range Doninÿo dans son fourreau. Le lycan gît à mes pieds, s'étranglant dans ses tripes. Sa plainte ressemble à une craie crissant sur un tableau noir. 

Je prend le cadavre de la jeune fille dans mes bras, et passe par-dessus le lycan agonisant, sans un regard pour cette bête ignoble. 

   

J'ai déposé son corps dans une petite clairière, non loin de là. Le soleil traverse le feuillage, qui étend sur son visage de nacre des ombres dansantes.

Si je n'étais pas passé par là, il l'aurait dévoré. Apparemment, il l'a tué il y a plusieurs jours, et avait attendu que le cadavre pourrisse un peu pour se gaver de sa chair. 

Pour le moment, je sors une petite bourse de cuir de mon manteau, et l'ouvre. Une senteur de tabac blond s'en échappe. 

     

J'en prend une bonne pincée, et le dépose sur son torse… 

  

par John L. Kurtiss publié dans : Carnets de route

 "Edya Acatäsh, grand dieu des voyageurs"

Aspenn, terre de légendes et de mystères... Même si de sombres évênements ont entaché de sang les hautes plaines de notre terre, j'aime encore à m'y égarer, perdu dans mes pensées. 

 

Ce que vous lirez dans ces lignes, parfois pur produit des chimères du tabac du Sud et de l'hydromel local, n'est certainement pas écrit pour la postérité, et d'ailleurs ne sera peut être même pas compréhensible à certains.

Mais laissez-moi vous servir de guide, et vous comprendrez que l'on peut s'évader... même dans son esprit.

 

Mon nom est John, et je vous souhaite la bienvenue à Andëmiss Cité-Folle.

 

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