… Le Sept… un chiffre qui m'aura poursuivi longtemps.
Aby est frigorifié, et se blottit contre le repli du col de mon manteau. Je ne dis rien, le regard fixe sur cette dépouille devant moi, au milieu de la hutte. De la fumée envahit l'antre, une odeur de soufre et de camphre…
Pendant des jours, j'ai cherché ce feu-furêt… il s'était sauvé dans ces bois clairs, et pourtant inquiétants. D'insondables étangs noirs en bosquets arides, aucune trace de lui pendant des jours, j'avais beau suivre la trace de ses petites pattes dans les sentiers, je ne le rattrapais jamais.
Et au matin du septième jour de la lune de Messë, j'ai aperçu cette petite cabane, perdu au milieu de cette immensité. Epuisé, le ventre creux de ne pas avoir mangé depuis deux jours, j'y ai fait une halte, espérant trouver quelque réconfort chez cet étrange habitant.
Et qui vois-je, perché à la fenêtre, les deux mains appuyées contre la vitre froide…
- Aby, que fais-tu là?, lui dit-je, avec quelque énervement mêlé de soulagement…
par John L. Kurtiss
publié dans :
Carnets de route
