Alors que Peÿlos avance nonchalamment le long de la berge de l'Adarante, je contemple, perdu dans mes pensées, ce coin de verdure pale et tranquille comme un matin de Panatëum.
Peÿlos relève la tête et tourne les oreilles en arrière, m'indiquant qu'il souhaiterais une halte. Il se dirige vers le cours d'eau, et tandis que je mets pied à terre, plonge son museau et boit à grandes lampées.
Aby bondit de mon épaule et file droit dans un arbre fruitier, disparaissant dans le feuillage.
Je m'assieds sur une large pierre lisse à la base constellée de mousse verte, et sort ma longue pipe de bois grise. Je fourre un peu de tabac dans le fourneau, et l'allume avec une pierre à feu. La fumée, opaque et bleue, se disperse en arabesques hésitantes dans l'air humide et frais.
Une idée, soudain, comme ça, le paysage, l'air froid et la fumée du tabac…
Je sors mon carnet et feuillette les pages, jaunies à force de les utiliser. Beaucoup de notes, quelques dessins, toujours les mêmes…
J'écris un peu trop sur elle, je crois. Qu'elle ne dise pas non, j'avoue que parfois cela vire à l'obsession. J'en viens à écrire ou dessiner en me demandant si ça lui plairait…
J'ai souvent cette envie irrépressible de retourner à cette grande bâtisse, avec ces volets bleus, pour la voir. Pas nécessairement lui parler, je n'ai pas énormément de choses à dire, plus à écrire… Mais pour la voir, sentir son parfum, presque rechercher le contact de sa peau…
Grimper le long du mur, et attendre, la tête en bas en jouant de l'ocarina, qu'elle entrouvre sa fenêtre, pour lui tendre un petit poème ou une rose couleur sable…
Commentaires
Un quelque chose de l'ordre de l'inquiétude, mais toujours avec plaisir. Et puis coucou, derrière un arbre d'absence, après tout on ne risque rien, on a vu pire, du temps de la forêt =)
commentaire n° : 1
posté par :
Bulle
le: 22/05/2007 14:10:07
