Mardi 17 avril 2007

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Tout était noir, mais il entendait distinctement un bruit métallique et irrégulier, comme si l'on fouillait quelque chose près de lui. Il reprit connaissance deux heures plus tard, et regarda autour de lui. Il faisait nuit noire, mais la lune pleine éclairait la clairière où il avait été attaqué. Pëylos avait disparu, et Aby était étendu près de lui, inerte. Les sacs de provisions avaient été éventré et de nombreuses choses manquaient.

On l'avait dévalisé. 

Il se précipita vers son compagnon en priant qu'il ne soit pas mort, et constata avec soulagement que la petite bête, bien qu'amochée, respirait encore, et ne tarda pas à se réveiller en glapissant. 

 

Il mit du temps à retrouver la trace de son voleur, guettant les traces de sabots de Pëylos que son agresseur avait maladroitement tenté de dissimuler en les effaçant. Mais il avait été à bonne école, et il parvenait à en suivre la trace sans trop de difficulté. La piste s'étendait vers les terres de l'Est, les Montagnes des Vanaheim. 

Et puis, au soir, près de six jours après l'attaque, il remarqua dans la nuit dormante une lueur. Un feu de camp d'où s'élevait une voix. 

Il s'approcha sans un bruit. Dans l'obscurité, seuls les yeux d'Aby luisaient comme des lanternes. 

 

Il était furieux, et s'approchait à pas de loup vers son voleur. Lorsqu'il fut assez près, il le distingua, assis près des flammes. Assez grand et fin, il avait une tignasse longue et grasse qui lui tombait sur les épaules, et il grommelait et pestait contre ce "maudit cheval qui refusait d'avancer". Il remarqua alors Pëylos, attaché à un tronc d'arbre, qui paissait tranquillement. 

Le voyageur s'approcha encore, sans un bruit, jusqu'à être à portée de l'épée du voleur, qu'il avait posé non loin de lui. Il s'en empara, et bondit sur son agresseur, une flamme macabre dans les yeux. 

Rapidement, sans lui laisser le temps de se défendre, il lui trancha la gorge, et son sang clair se déversa sur les braises fumantes. Puis, d'un geste sec, il rejeta ses cheveux en avant, tandis que l'infortuné s'étouffait dans son propre sang… 

 

28 de la Lune des Dryades, quelque part dans les Hauts Plateaux. 

 

Il aura fallu six jours et six nuits de traque pour retrouver ce lâche, mais dorénavant, il servira d'encas aux corbeaux.

Je ne l'ai pas fait tant pour recouvrer mes effets personnels dérobés ou détruits durant le pillage, mais plus me venger de ce qu'il avait fait à Aby et sûrement subir à mon cheval.

 

Je ne regrette rien…

Je me remets en selle, pour m'éloigner du carnage dont j'ai été l'instigateur, cherchant un endroit où passer à présent le reste de la nuit, tandis que les charognards se massent déjà autour du cadavre.

 

Cette traque m'aura fait faire un long détour vers ma première destination, et je ne pense pas atteindre la Cité-Ziggurat avant peut être une décade.

Ces terres sont dangereuses, on peut y faire de mauvaises rencontres… d'aucuns pourraient vouloir encore, pauvres fous qu'ils sont, me délester de quelques objets.

par John L. Kurtiss publié dans : Carnets de route

 "Edya Acatäsh, grand dieu des voyageurs"

Aspenn, terre de légendes et de mystères... Même si de sombres évênements ont entaché de sang les hautes plaines de notre terre, j'aime encore à m'y égarer, perdu dans mes pensées. 

 

Ce que vous lirez dans ces lignes, parfois pur produit des chimères du tabac du Sud et de l'hydromel local, n'est certainement pas écrit pour la postérité, et d'ailleurs ne sera peut être même pas compréhensible à certains.

Mais laissez-moi vous servir de guide, et vous comprendrez que l'on peut s'évader... même dans son esprit.

 

Mon nom est John, et je vous souhaite la bienvenue à Andëmiss Cité-Folle.

 

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