Un homme ne devrait pas rester au même endroit jusqu'à sa mort. Aussi, je pense sérieusement à partir d'Andëmiss…
Non pas que je m'y sente mal, mais je pense qu'il convient que je vous fasse découvrir le monde dans le quel j'habite.
Et puis, cela me donnera la matière à poursuivre mon livre, La Lune de Sang. Depuis que je suis entré dans cette cité, je n'y ai plus touché, il reste inerte dans mes carnets et ma besace, innombrables feuilles volantes…
Je règle la note à l'auberge, achète pour quelques sylmarins des provisions, et retourne prendre Pëylos à l'écurie, contre le flanc des remparts.
- Tu m'a l'air en bonne forme, Pëylos, mon ami, lui dis-je en lui caressant le museau.
Et lui de hennir de contentement, en me broutant les cheveux.
Je rattache la selle et grimpe. Aby va se blottir contre mon épaule, dans le repli de mon manteau, et nous partons tous trois vers les portes de la cité.
…
Voilà, nous sommes sortis d'Andëmiss, et les Hauts Plateaux Trans-Tannëens s'offrent à nous.
Qui sait où le vent nous portera maintenant…
Au matin des mûriers en fleurs,
Je m'en vais loin dans les champs de bruyère,
Sans un regard pour ce que je quitte.
Clair de Panatëum et Sombrenuit,
La vie s'écoule sans bruit.
Parcourant plaines et vallons,
J'avance lentement sous le soleil,
Jouant de concert avec les étoiles.
Clair de Panatëum et Sombrenuit,
Au loin se dessinent les Monts d'Evëy.
