Vendredi 30 mars 2007

Je me réveille à peine, après une nuit affreuse, oscillant entre les réveils brusques, dû aux quelques soiffards qui avaient des élans poétiques sur le coup de la mi-nuit, puis par de vieux cauchemars, dont je m'extirpais tremblant.

Aby s'étire en baillant, et saute sur mon épaule, alors que je quitte la chambre, sans un regard pour la paillasse que le tenancier considère comme étant un lit.

Il m'a roulé, et m'a extorqué de cinq sylmarins pour cette couche infestée de puces.

Après tout, on ne peut pas le blâmer de ne pas aimer les Alkëens, ils le lui ont bien rendu pendant des années.

L'aubergiste, un homme fort et courtaud à l'embonpoint assez prononcé, fut ainsi chassé d'Antalion il y a deux décades, et avait erré dans les montagnes. Descendant vers le Sud, pour retrouver un peu de soleil et de châleur, il s'était échoué à Andëmiss à la fin des Ages Sombres, vers l'an 3071, alors que les contrées qui l'avaient vu naître ployaient sous la Guerre des neuf Nations.

 

Et puis, après tout, j'ai eu un lieu pour dormir cette nuit, je ne peux pas avoir tous les bonheurs du monde le même jour. J'enfile mon vieux manteau de cuir râpeux, et pousse la porte de l'auberge. Au dehors, le soleil étend ses rayons d'or sur les cimes des habitations. Il règne une atmosphère bonne enfant, normal pour un jour de marché.  Les commerçant ont sortis leurs étals, et vendent la pêche du matin à la criée, entre les fruits et les légumes de la saison.

 

Je m'accoude contre une balustrade, en fredonnant un poème vieux comme le temps, mais dont les mots, si savamment employés, n'en ternissent pas la fraîcheur:

 

Par les soirs bleus d'été, j'irais par les sentiers,

Picoté par les blés, fouler l'herbe menue.

Rêveur, j'en sentirais la fraîcheur à mes pieds,

Je laisserais le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerais pas, je ne penserais rien,

Mais l'amour infini me montera dans l'âme;

Et j'irais loin, bien loin, comme un bohémien

Par la Nature - heureux, comme avec une femme.

 

Ces mots, qui ne sont pas de moi, mais d'un poète nommé Arthur Rimbaud, je ne me rappelle pas où je les ai entendu pour la première fois, mais au fond, je ne pense pas que ce soit important...

 

Je me sens bien ici, et c'est la première fois depuis longtemps que je me sens à mon aise quelque part.

 

Ce soir, j'irais voir quelques amis, nous remémorer les bons souvenirs, en massant les cicatrices que les combats passés nous ont laissé, devant un bon repas et quelque boisson à la saveur ambrée...

par John L. Kurtiss publié dans : Carnets de route
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 "Edya Acatäsh, grand dieu des voyageurs"

Aspenn, terre de légendes et de mystères... Même si de sombres évênements ont entaché de sang les hautes plaines de notre terre, j'aime encore à m'y égarer, perdu dans mes pensées. 

 

Ce que vous lirez dans ces lignes, parfois pur produit des chimères du tabac du Sud et de l'hydromel local, n'est certainement pas écrit pour la postérité, et d'ailleurs ne sera peut être même pas compréhensible à certains.

Mais laissez-moi vous servir de guide, et vous comprendrez que l'on peut s'évader... même dans son esprit.

 

Mon nom est John, et je vous souhaite la bienvenue à Andëmiss Cité-Folle.

 

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