Mercredi 8 août 2007
Entre les rangées d’arbres difformes, courbés, me revient soudain et me frappe un… non pas un souvenir, mais une intuition, comme une évidence.
- Tu ne m’écris plus.
 
Pas ces longues conversations où l’on se disait tout et peu importe quoi, il n’y a pas si longtemps.
Non, ces petits messages, aux tréfonds de la nuit, à l’heure des loups.
Ces appels de détresse que seules les brumes nocturnes savent faire jaillir, un vide à combler, une déprime à déverser, en manque de réceptacle.
Ou bien, peu après l’aurore, ces petits mots sur ces détails vestimentaires… Comme ça, juste pour prévenir.
J’admets… ça me manque, cette insouciance, cette confiance que je qualifierais presque d’aveugle et que, si je ne l’ai pas brisé, j’ai hélas réussi à sans doute fêler, faire vaciller.
 
Je sors ce petit carnet de la poche intérieure de mon manteau… c’est fou ce que je peux transporter avec moi, juste pour garder un contact avec ce monde… mais enfin…
Je caresse machinalement la vieille couverture de cuir usé, un léger sourire au coin des lèvres.
- Oui, ça me manque…
 
- Qu’as-tu dit, l’Alkëen ?
- Rien qui puisse avoir de l’importance… pour toi du moins, nymphe, rétorque-je en rangeant le carnet.
La nymphe me regarde fixement et rapproche son visage du mien, comme si j’étais une bête curieuse.
- Tu es bizarre pour un humain, l’Alkëen.
Décidemment…
- Je ne le sais que trop, on ne cesse pas de me le rappeler… je n’y peux rien, j’ai besoin d’être original, la réalité m’ennuie par certains de ses aspects… Et je m’appelle John.
- John ? Ce nom te vas bien, lui aussi est étrange.
- Pourtant c’est le mien… Comment dois-je t’appeler ?
La nymphe penche la tête sur le côté, et finit par me dire :
- Toi, je t’aime bien… appelles-moi Sallÿa.
Et sur ces paroles, elle s’élance sur le chemin, et me fait signe de la suivre :
- Viens, j’ai quelque chose à te montrer.

par John L. Kurtiss publié dans : Carnets de route
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 "Edya Acatäsh, grand dieu des voyageurs"

Aspenn, terre de légendes et de mystères... Même si de sombres évênements ont entaché de sang les hautes plaines de notre terre, j'aime encore à m'y égarer, perdu dans mes pensées. 

 

Ce que vous lirez dans ces lignes, parfois pur produit des chimères du tabac du Sud et de l'hydromel local, n'est certainement pas écrit pour la postérité, et d'ailleurs ne sera peut être même pas compréhensible à certains.

Mais laissez-moi vous servir de guide, et vous comprendrez que l'on peut s'évader... même dans son esprit.

 

Mon nom est John, et je vous souhaite la bienvenue à Andëmiss Cité-Folle.

 

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