Il fut un temps…
Les mains dans les poches, je parcours les couloirs silencieux des thermes. Je n'arrive
pas à dormir, et pourtant, ce n'est pas faute d'avoir trimé toute la nuit…
Je heurte soudain quelque chose du bout des doigts, et le sors de ma poche. Il tinte,
avec ses ronds de bois colorés qui s'entrechoquent. Un bracelet…
J'ai pu en faire des bêtises dans cette jeunesse, perdue maintenant dans les flots
miroitants de la mémoire chancelante.
Une chose qui, on le croit, nous rend plus mature… mais qui opère la marche inverse avec
le recul.
On se rend compte que cela nous a rendu méchants, bestial… On prend l'ampleur de la
bêtise humaine en pleine figure, en s'imaginant l'espace d'un instant celui qui a tous les droits, le roi de ce monde…
"L'homme est un loup pour l'homme… et un abruti pour le loup."
Je pense que tu as raison, Grëgg…
Un vulgaire voleur, plutôt. On n'en parle pas de ces choses-là, même si on brûle d'envie
de le montrer. La vanité est un des pêchés préférés des Alkëens…
Alors on prend peur, comme un enfant pris en faute… après, lorsqu'il est déjà trop
tard.
La machine s'est emballée, tous aux abris…
Et pourtant, ça ne devait être qu'une journée ordinaire d'Ataë. Aux temps des
Berrë-Cellë, ces pierres chaudes sous le soleil du midi… cette vaste masure, au sommet du plateau, surplombant le bois…
J'aurais du réagir autrement… Un retour de courrier, un petit mot qui n'aurait pas du
être… et voilà.
Depuis, je ne pense plus que l'enfance fait partie de moi. Ce jour-là, j'en ai tremblé
des semaines…
Les apparences sont trompeuses, ne trouvez-vous pas?
Croyez-vous toujours avoir affaire à un homme gentil, galant, réservé, serviable et
timide…
La face sombre révèle d'autres choses, surtout dans ces lieux.
Un homme pervers, méchant, paranoïaque, qui hait ce qu'est devenu l'humanité, tout en en
faisant partie.
Avec un sens aigu de l'envie… la convoitise.
Si personne n'aime cet homme-là, ce n'est finalement pas un hasard…
Commentaires
Bonne continuation alors.
Moi, tout ça, je crois que ça va.
Moi, tout ça, je crois que ça va.
commentaire n° : 2
posté par :
Bulle
le: 18/07/2007 22:06:09

N'importe quoi, je peux tout entendre, parce que l'autre n'est rien quand il y a tant à dire sur ce qui fait trembler.
Ces choses-là, tu sais.
Qu'importe...
Toi tu ne dis pas, et John continue ses rêves.
Ouvertement, j'avoue que non. J'y préfère des chemins détournés... qui me détournent plus qu'autre chose d'ailleurs.
Les non-dits ne servent qu'a se blesser... je le sais, a force de les connaître.
Ce carnet, c'est plus une thérapie qu'une déclaration... besoin de lâcher du lest, pour pouvoir partir plus loin. Ces souvenirs qui oppressent l'esprit... tout ça.