Samedi 28 avril 2007

...

Dérive...

Notes cuivrées dans le noir,  

Ambre et or les rêves  

Qui m'enserrent et me tiennent   

De leurs serres de métal. 

Mirage de coton   

Ou bien d'absinthe,   

Enceinte où se tient  

Le théâtre de ma plume… 

 

Etoiles sur ciel orangé, embrumé  

De vapeurs d'alcool froid comme l'hiver,   

Je me laisse divaguer et échouer   

mes pensées jusqu'à toi.

 

 

par John L. Kurtiss publié dans : Carnets de route
Samedi 28 avril 2007

Enfin, se dessine devant moi, les tours cyclopéennes de la Cité des nuages. Nëckba, que des poètes, plus éclairés et investis de leur art que je ne le suis, avaient qualifié de "Cité aux milles prismes".

Il est vrai que cette ville offre un spectacle des plus étonnant. Alors que la plupart des autres capitales d'Aspenn se concentrent en cercles autour du palais central, les plus riches étant au plus près et les pauvres en périphérie, Nëckba fut érigée vers les hauteurs insondables du vide céleste. Ceux qui n'ont pas un sou vaillant restent donc à terre, quémandant quelque obole envers leurs concitoyens, tandis que les plus riches, les bourgeois, parfois de sinistre nature, ont les cieux sous leurs pieds, peu inquiétés qu'ils sont dans leurs tours d'ivoires.

Cela m'a toujours intrigué… je ne dirais pas que cela me plaît, les hommes devraient vivre sur un pied d'égalité - le terme est ici bien choisi je trouve -, mais l'Homme, par sa nature, qui diffère de celle des Sylväins et des Nedërans, qui demeurent les exceptions fortes de ce monde, l'Homme donc n'est pas prêteur, encore moins partageur. Ce qu'il à, il le garde, et n'a cœur des problèmes des autres, qu'ils soient frères, fils ou filles, voire même son propre environnement.

Car cette cité, bâtie d'une manière toute nouvelle dans les plaines de Tanathön, peut agresser l'œil du voyageur, peu habitué aux courbes tranchantes de ses tours, et de son aspect général.

Les barbares (bien que je trouve ce terme réducteur, comme orientaux pour les Casciäns - mais bon, on ne peut pas en employer d'autres) ont toujours ce goût de créer des choses nouvelles, même si personnellement je la trouve d'un goût parfois malsain, affichant avec arrogance sa lutte des richesses.

Ce portrait m'a même dégoûté d'y séjourner longtemps… je pense y passer deux jours, peut être trois, et repartir dans la prochaine décade…

J'aimerais tant être, avant la Lune nouvelle, aux bords de l'ondée tranquille de la Mer d'Anarïon, avec au loin les îles de Cemenë, la déesse Vanaheim des Arts…

Même si je l'a verrais seul… sans elle.

 

par John L. Kurtiss publié dans : Carnets de route
Samedi 21 avril 2007

...

Métal et menthe à l'eau, nez à nez avec Tabac et givre bleu...

 

Tantôt automne, ou noir corneille, 

Tombent ces cascades 

De cheveux dorés, 

Entre cordées d'arcs-en-ciel. 

Métal et Menthe à l'eau, 

Dans le reflet d'une bulle de savon. 

Rire pénétrant, et voix s'accordant, 

Tristesses et joies partagées 

A l'oreille toujours dressée 

Aux moindres complaintes sucrées. 

Métal et Menthe à l'eau, 

Dans le reflet d'une bulle de savon. 

Tant de couleurs …

par John L. Kurtiss publié dans : Carnets de route
Samedi 21 avril 2007

Au soir, alors que je trouve sur mon chemin un petit groupe de musiciens, je m'arrête quelques heures pour me reposer en leur compagnie.

Cela fait quelques temps déjà que je n'ai pas eu un peu de chaleur humaine, cela fait cruellement défaut dans ces terres vides.

A leur demande, je leur lit les premières pages de mon livre...

Tapis dans l’ombre, 

Les serviteurs du Malin attendent, 

Fantômes sans âme, démons endormis,

L'heure où le sang pourpre

Coulera à flots sur l’astre de la nuit. 

 

Alors viendra le temps … 

 

Villes anéanties, corps sans vie, 

Et sur ce monde déchiré par le Mal, 

Viendra s’asseoir sur un trône d’os et de mort 

Abraxas, Seigneur des Ténèbres. 

 

Alors viendra le temps … 

Alors viendra l’âge … 

 

… De la Lune de Sang.

 

 

 

CHAPITRE PREMIER 

INTRODUCTION EN ANTALION

Il traversait depuis de nombreuses heures une sombre forêt, tapissée de brume moite. Les rameaux, chargés de feuilles noires aux reflets émeraude, laissaient à peine passer la lumière du soleil, qui filait déjà pour laisser place à la nuit. 

Cela faisait six jours qu’il cherchait à atteindre Gladdenstone, forcé par ce rêve étrange et pressé par la traque dont il était le chasseur… 

Juché sur un cheval au crin sombre, pareil à la longue tunique de cuir noir de son cavalier, il avançait lentement, comme si le moindre bruit, le moindre sursaut pouvait ameuter une horde de bêtes. Le sac de toile que son destrier portait en croupe, rempli de victuailles et de matériel hétéroclite, tintait faiblement à chaque mouvement. 

Une masse au pelage clair le suivait de près, la langue pendante, reniflant l’air environnant. Le voyageur jetait de temps à autre un regard furtif à son compagnon en souriant. 

Il se rappelait le temps où son loup, encore jeune, et lui couraient à travers les bois clairs d’Atalan. Ils allaient jusqu’aux sources fraîches, où ils passaient des heures à en contempler le miroitement, rêvant de voir un jour l’entrée des Havres d’Enn bordant la Cyriän-Den , sur l’île des elfes. 

Il se souvient de leurs jeux, dans la cité de Vayïl-Ynn. Ils couraient tous deux après les lucioles qui apparaissaient à la tombée du jour sur la citadelle elfique, l’éclairant d’une lueur mordorée. Puis ils remontaient par un escalier de bois vert, jusqu'à une vaste salle surplombant les constructions. Là, des dizaines d’oiseaux colorés dormaient paisiblement dans des cages d’or et d’argent. Il en ouvrait une, et laissait le volatile lui grimper le long de la main, encore à moitié somnolent. Il l’approchait ensuite d’une fenêtre taillée en ogives, et l’oiseau s’envolait dans l’air de la nuit, pareil aux feux d’artifices des fêtes de l’Endderë. 

Mais ce temps était désormais révolu. L’essence de cette époque s’était évanouie, comme si elle n’eut jamais vraiment existée. Il n’y avait plus pour eux ni pluies d’étincelles colorées, ni rires d’enfants. 

A sa dixième année, il entra comme apprenti à la Guilde , la plus grande faction de mages d’Antalion. Il fut d’ailleurs un des plus assidus : combat à l’épée ou à la hache, initiation à la magie, maniement de l’arc et du fouet ardent, il goûtait pleinement toutes les disciplines et y excellaient. 

Il passait de nombreuses heures dans la salle des Grimoires ou dans sa cellule, à consulter des dizaines de recueils poussiéreux emplis de glyphes. 

Et, bien qu’il aimait énormément Brume, son loup, son apprentissage ne lui laissait guère le temps de s’occuper de lui. Toutefois, le maître de la Guilde permettait aux deux compagnons, à titre exceptionnel, de dormir dans la même chambre. 

 

Un jappement le tira de ses réflexions nostalgiques. Ils arrivaient à une intersection. 

Le sentier se divisait, et s’enfonçait en deux directions dans les méandres de la forêt. La pluie tombait maintenant en grosses gouttes froides et fumeuses. Des mares se formaient ça et là, sur le sol boueux. Il releva ses fins cheveux blonds engorgés d’eau qui émergeaient de sa capuche, et fouilla dans son manteau râpeux. 

Entre une longue pipe en bois gris, quelques sylmarins* et un morceau de parchemin, il finit par sortir un petit objet froid et métallique. Le petit disque, de bronze griffé et sale, émettait une étrange lumière et semblait forcer sa main vers le chemin de droite. 

Le loup leva la tête vers son maître. Le rôdeur encapuchonné tourna ses yeux bleus vers son compagnon. 

- Oui, mon vieil ami, il est tout près … 

Il rangea le disque dans sa poche et donna un léger coup de bride à son cheval, qui reprit sa marche lente.

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 * Le Sylmarin est la monnaie de l’Antalion et se décline en trois sortes, en fonction de leur valeur respective : le Sylmarin de bronze, communément appelé le sylmarion, le Sylmarin d’argent, et enfin le Sylmarin d’or. 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

par John L. Kurtiss publié dans : Carnets de route
Mardi 17 avril 2007

...

Tout était noir, mais il entendait distinctement un bruit métallique et irrégulier, comme si l'on fouillait quelque chose près de lui. Il reprit connaissance deux heures plus tard, et regarda autour de lui. Il faisait nuit noire, mais la lune pleine éclairait la clairière où il avait été attaqué. Pëylos avait disparu, et Aby était étendu près de lui, inerte. Les sacs de provisions avaient été éventré et de nombreuses choses manquaient.

On l'avait dévalisé. 

Il se précipita vers son compagnon en priant qu'il ne soit pas mort, et constata avec soulagement que la petite bête, bien qu'amochée, respirait encore, et ne tarda pas à se réveiller en glapissant. 

 

Il mit du temps à retrouver la trace de son voleur, guettant les traces de sabots de Pëylos que son agresseur avait maladroitement tenté de dissimuler en les effaçant. Mais il avait été à bonne école, et il parvenait à en suivre la trace sans trop de difficulté. La piste s'étendait vers les terres de l'Est, les Montagnes des Vanaheim. 

Et puis, au soir, près de six jours après l'attaque, il remarqua dans la nuit dormante une lueur. Un feu de camp d'où s'élevait une voix. 

Il s'approcha sans un bruit. Dans l'obscurité, seuls les yeux d'Aby luisaient comme des lanternes. 

 

Il était furieux, et s'approchait à pas de loup vers son voleur. Lorsqu'il fut assez près, il le distingua, assis près des flammes. Assez grand et fin, il avait une tignasse longue et grasse qui lui tombait sur les épaules, et il grommelait et pestait contre ce "maudit cheval qui refusait d'avancer". Il remarqua alors Pëylos, attaché à un tronc d'arbre, qui paissait tranquillement. 

Le voyageur s'approcha encore, sans un bruit, jusqu'à être à portée de l'épée du voleur, qu'il avait posé non loin de lui. Il s'en empara, et bondit sur son agresseur, une flamme macabre dans les yeux. 

Rapidement, sans lui laisser le temps de se défendre, il lui trancha la gorge, et son sang clair se déversa sur les braises fumantes. Puis, d'un geste sec, il rejeta ses cheveux en avant, tandis que l'infortuné s'étouffait dans son propre sang… 

 

28 de la Lune des Dryades, quelque part dans les Hauts Plateaux. 

 

Il aura fallu six jours et six nuits de traque pour retrouver ce lâche, mais dorénavant, il servira d'encas aux corbeaux.

Je ne l'ai pas fait tant pour recouvrer mes effets personnels dérobés ou détruits durant le pillage, mais plus me venger de ce qu'il avait fait à Aby et sûrement subir à mon cheval.

 

Je ne regrette rien…

Je me remets en selle, pour m'éloigner du carnage dont j'ai été l'instigateur, cherchant un endroit où passer à présent le reste de la nuit, tandis que les charognards se massent déjà autour du cadavre.

 

Cette traque m'aura fait faire un long détour vers ma première destination, et je ne pense pas atteindre la Cité-Ziggurat avant peut être une décade.

Ces terres sont dangereuses, on peut y faire de mauvaises rencontres… d'aucuns pourraient vouloir encore, pauvres fous qu'ils sont, me délester de quelques objets.

par John L. Kurtiss publié dans : Carnets de route

 "Edya Acatäsh, grand dieu des voyageurs"

Aspenn, terre de légendes et de mystères... Même si de sombres évênements ont entaché de sang les hautes plaines de notre terre, j'aime encore à m'y égarer, perdu dans mes pensées. 

 

Ce que vous lirez dans ces lignes, parfois pur produit des chimères du tabac du Sud et de l'hydromel local, n'est certainement pas écrit pour la postérité, et d'ailleurs ne sera peut être même pas compréhensible à certains.

Mais laissez-moi vous servir de guide, et vous comprendrez que l'on peut s'évader... même dans son esprit.

 

Mon nom est John, et je vous souhaite la bienvenue à Andëmiss Cité-Folle.

 

Réponses...

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus