Samedi 9 juin 2007

Silence glacé de bleu  

Lagon, ouragan violent.

Au dos d'un lampadaire

De brume, écharpe de givre. 

 

Fenêtre d'âme, je ne sais,

Claires étoiles, portails des fables. 

 

Tunnel de larmes, couleur 

Vert prairie, pale matin

De printemps, lucioles 

Au clair d'absinthe pétillante. 

 

Fenêtre d'âme, je ne sais,

Claires étoiles, portails des fables. 

    

Brun d'ambre au sombre ciel,

Teinte d'écorce de ces entrelacs 

De prunelles, ou terre de sienne, 

Brûlantes contrées sauvages. 

    

Fenêtre d'âme, je ne sais,

Claires étoiles, portails des fables. 

 

A toutes ces couleurs de femmes...

    

par John L. Kurtiss publié dans : Carnets de route
Vendredi 8 juin 2007

L'Homme est une des créatures les plus étranges de cette terre, en ceci qu'il cherche toujours à empêcher sa destruction, sans se rendre compte qu'il en est lui-même l'instigateur... 

 

Je ne sais plus quoi écrire… 

Je ne sais pas si ce que j'ai déjà couché sur le papier est même bon, apprécié du peu de personnes charitables qui m'ont lu. 

Petit passage à vide là… 

 

… 

On quitte un endroit, en sachant qu'on y retournera plus… enfin, plus aussi souvent qu'avant. 

C'est étrange, du temps où l'on y était, on aurait donné n'importe quoi pour que le temps file plus vite, qu'on soit enfin débarrassé de ce carcan que l'on trouvait infâme… 

Et maintenant, regardons-nous, nous qui voulons le remettre sur nos épaules trop larges pour lui désormais. 

"Profitez-en le temps que ça durera", disons-nous aux plus jeunes, qui nous écoute d'une oreille distraite, comme nous avant eux face à nos aînés… 

 

  

par John L. Kurtiss publié dans : Carnets de route
Lundi 4 juin 2007

 

On peut apprécier ou détester le style, c'est ainsi... 

 

Dessiné au crayon un soir où la lune était rousse, au fond d'une pièce blanche qui prenait la teinte du ciel au fur et à mesure que les heures s'égrènent… 

Et me voilà, seul au milieu des créatures qui peuplent les abîmes insondables de l'esprit torturé… 

 

… Un loup et un feu-furêt… Le loup, notez, je ne l'ai pas vraiment connu, extirpé aux griffes des chimères de papier… 

Quant à Aby, que je remarque pendu par la queue au pied de lierre tombant… je ne sais pas… 

 

A l'humanité entière, je leur préfère la compagnie de ces deux bêtes… étrange, me direz-vous… sans doute. Je n'ai jamais vraiment donné ma confiance a mes contemporains, et plus le temps passe, moins j'y accorde de la compassion… 

   

Comme m'a dit un soir une amie qui m'est chère, "je me moque des gens qui meurent"… tu as raison après tout, petite fée… 

 

La vie, la mort… tout ça… nous y viendrons bien trop vite pour nous soucier de ceux qui nous précèdent dans ce dernier grand voyage. 

 

Edya Abäddon, Seigneur des abîmes sans fond…

 

par John L. Kurtiss publié dans : Carnets de route
Samedi 2 juin 2007

...

"J'en ai assez d'avoir toujours raison…"

  

L'intérieur de la petite cabane, perdue au fond de la forêt Blanche, apparaît, macabre, à la lueur de la lanterne. Des morceaux de chair dans tous les coins, et les murs de bois maculés de sang frais. 

Et dans un coin, le cadavre froid et bleu de la jeune fille. 

 

J'entends pleurer derrière moi. La pauvre fille sanglote et s'agrippe à mon manteau, en observant ce corps inerte. 

- Qui t'as fait ça? 

Elle ne me réponds pas. Elle tente bien de parler, mais le son s'éteint dans sa gorge. 

 

...  

Et puis un souffle rauque retentit à l'extérieur. Je pousse du bras la jeune fille, et tire Doninÿo. La lame luit dans le reflet de la flamme tremblante.

Je serre la garde de cuir à m'en lacérer les doigts., tandis que le souffle se rapproche. 

Une ombre passe devant la fenêtre, qui se couvre de buée. 

    

Il ne va pas tarder à entrer… 

    

J'essuie le sang sur la lame, et range Doninÿo dans son fourreau. Le lycan gît à mes pieds, s'étranglant dans ses tripes. Sa plainte ressemble à une craie crissant sur un tableau noir. 

Je prend le cadavre de la jeune fille dans mes bras, et passe par-dessus le lycan agonisant, sans un regard pour cette bête ignoble. 

   

J'ai déposé son corps dans une petite clairière, non loin de là. Le soleil traverse le feuillage, qui étend sur son visage de nacre des ombres dansantes.

Si je n'étais pas passé par là, il l'aurait dévoré. Apparemment, il l'a tué il y a plusieurs jours, et avait attendu que le cadavre pourrisse un peu pour se gaver de sa chair. 

Pour le moment, je sors une petite bourse de cuir de mon manteau, et l'ouvre. Une senteur de tabac blond s'en échappe. 

     

J'en prend une bonne pincée, et le dépose sur son torse… 

  

par John L. Kurtiss publié dans : Carnets de route
Mercredi 30 mai 2007

...

Aby ne se retourne pas alors que je l'appelle. Il reste là, comme hypnotisé, ses petites pattes contre le carreau, sa longue queue fendant l'air. 

J'attache Peÿlos à un tronc d'arbre, et je m'approche, la main posé sur la garde de Doninÿo. Une clameur, comme un chant irréel, me parvient alors aux oreilles. 

La cabane est habitée, à n'en pas douter. Puis, alors que je suis nez à la fenêtre, la musique s'arrête.

 

A l'intérieur, pas une ombre ne bouge. Une table, une chaise et un lit d'étrange forme s'entassent dans un coin. 

Aby, comme sorti de sa torpeur, sursaute en voyant où il se trouve, et grimpe le long de mon bras, jusque sous le repli de mon col. Il tremblote, frigorifié et effrayé, alors qu'il était calme il n'y a pas trente secondes. 

   

Je marche vers l'entrée, une vieille porte de bois à moitié pourrie, et la pousse dans un grincement. La lumière blafarde entre à peine dans la maison, se heurtant à cette masse d'ombre impénétrable. 

- Heh, oh, il y a quelqu'un? 

Ma question ne trouve aucune réponse, mais quelque chose a bougé à l'intérieur. 

 

Et soudain, l'ombre furtive avance vers moi. Fasciné, je retire machinalement la main de mon épée, craignant de l'effrayer. 

C'était une jeune femme, aux longs cheveux noirs tombant sur ses épaules rondes en cascade, et au visage nacré d'une beauté presque irréelle. 

Elle était habillée d'une longue robe noire et pourpre cintrée, mais ses pieds étaient nus et elle semblait ne pas comprendre ce qu'elle faisait là. 

Elle s'avance, les yeux presque exorbités, et avance sa longue main blanche pour me toucher. Au contact de sa peau glacée, je frissonne. 

Devant mon sursaut, elle recule et replonge dans l'obscurité. 

 

Je rejoins Peÿlos, qui observait la scène les oreilles dressées, et récupère dans le sac qu'il porte en croupe, une couverture chaude et une bouteille d'hydromel. 

Je reviens vers la cabane, et m'assoit sur le perron de bois craquant. Je tourne la tête vers la jeune fille et lui fait signe d'approcher. 

Elle sort prudemment, et vient s'asseoir à côté de moi. Je l'enroule alors de la couverture. 

- Vous allez attraper la mort, ainsi vêtue, ma dame. 

A ces mots, elle se met à sangloter, et se cramponne à mon manteau. 

 

Je tourne la tête vers la cabane, derrière nous, redoutant de comprendre ce qu'elle essaie de me dire. 

Je me lève et me dirige lentement à l'intérieur, mon épée sortie. La jeune fille pleure, je l'entends dans mon dos. 

La cabane est toujours plongée dans cette obscurité étrange. N'y voyant goutte, j'attrape une lanterne accrochée au mur. 

 

Elle est couverte d'un liquide étrange et épais, et je crois savoir de quelle nature…

 

par John L. Kurtiss publié dans : Carnets de route

 "Edya Acatäsh, grand dieu des voyageurs"

Aspenn, terre de légendes et de mystères... Même si de sombres évênements ont entaché de sang les hautes plaines de notre terre, j'aime encore à m'y égarer, perdu dans mes pensées. 

 

Ce que vous lirez dans ces lignes, parfois pur produit des chimères du tabac du Sud et de l'hydromel local, n'est certainement pas écrit pour la postérité, et d'ailleurs ne sera peut être même pas compréhensible à certains.

Mais laissez-moi vous servir de guide, et vous comprendrez que l'on peut s'évader... même dans son esprit.

 

Mon nom est John, et je vous souhaite la bienvenue à Andëmiss Cité-Folle.

 

Réponses...

blog de musique sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus