Mardi 19 juin 2007

Une vaste maison, encerclée de douves ou serpentent une rivière, surgit de derrière une colline.
Je regarde la pancarte qui pend, grinçante, au bout d'un poteau de bois…
Thermes Gëlann
 
- Des thermes, ici, au beau milieu de nul part?
Aby pousse un glapissement, en voyant une créature arriver par le sentier. A peu près aussi haut qu'un nain de Dürin, elle a quatre bras, portant chacun un sceau, et sa peau, grise, est tachetée de tatouages blancs. Son long visage, émacié, est encadré de deux yeux bleus, qui me regardent avec un étonnement certain.
Elle lâche soudain les sceaux qu'elle transportait, et accourt vers moi, en agitant les bras. Surpris, je porte la main à la garde de mon épée, prêt à dégainer.
- Acktä, Acktä !, me crie-t-elle avec une voix grinçante.
Elle se cramponne à mon manteau, et essaie de m'entraîner loin de l'étrange bâtisse.
- Que dis-tu? Que me veux-tu?
Elle ne semble pas comprendre, et me tire de plus belle en continuant de me parler dans cette langue étrange.
 
- Mëya, éloigne-toi de l'étranger, ordonne soudain une voix grave et rocailleuse derrière moi.
La petite me lâche, et recule en baissant la tête.
Je me retourne, pour me retrouver nez à nez avec une troupe de soldats lourdement armés de hallebardes aussi grandes que moi.
- Lâche ton arme, étranger.
A contrecoeur, je laisse tomber Doninÿo dans un bruit sourd et métallique, et descend de cheval.
- Tu es un Shïiva, toi, dis-je à cette créature, qui me dépasse d'une tête.
Son visage était dur et froid, bardé de tatouages noirs, et ses cheveux, raides et noirs comme la nuit, étaient tressées et tenues par des anneaux d'or.
Il m'assène un formidable coup de poing qui m'envoie à terre. La douleur est puissante, et je crache mon sang sur la terre du chemin.
- C'est moi qui pose les questions, ici, sale Alkëen. Que fais-tu sur nos terres, en plein jour?
Je me relève, et le fixe méchamment, sans lui répondre.
- Tu en as perdu ta langue? Ce n'est pas grave, le maître te fera parler, lui. Allez, avance.
Il pose sa large main sur mon épaule pour me pousser, mais Aby bondit et le mords à l'avant-bras. Le Shïiva pousse un cri de douleur, et attrape le feu-furêt. Sans ménagement, il le jette à terre en vociférant.
Je me précipite sur Aby, qui ne bouge plus. Je prends dans mes bras ce petit corps qui respire faiblement, et tourne la tête vers la créature :
- Shïiva, je te jure que je te tuerais de mes mains.
 
Le chemin est long, plus que je ne le pensais, alors que nous passons les lourdes portes de bois rouge, au bout d'un large pont surplombant la rivière. Le bâtiment, dans la pure tradition architecturale de Cascërn, est impressionnant. De hauts murs blancs encadré de fenêtre de bois, un toit ondulé de tuiles vertes, dotés de plusieurs étages à en juger par les poutres qui dépassent de la façade, les thermes doivent culminer à quelques trois cents pieds de hauteur.
A l'intérieur, des bassins de vapeurs ou d'eau glacés disposés dans de grandes pièces délimitées par des poutres massives et des murs de papier gris.
Pas de bruit, personne pour le moment, hormis notre groupe, qui monte les escaliers vers le dernier étage…
 
par John L. Kurtiss publié dans : Carnets de route
Lundi 18 juin 2007

...

Petite liste non exhaustive des différents livres qu'il me faudra écrire dans la prochaine décennie qui se profile…
Cela peut paraître un peu prétentieux au premier abord (ça l'est sûrement au fond, la modestie n'ayant jamais été ma qualité première…), mais bon, j'avais envie, déjà pour moi, de voir un peu l'étendue de travail que je me donne moi-même…
 
"L'Homme qui se dit modeste ne l'est pas en vérité, puisque c'est déjà être orgueilleux que de s'en targuer."
 
La Lune de Sang - on commence par ce qui est le plus avancé pour le moment. Une trilogie d'Heroïc-Fantasy, qui se couple maintenant à un livre de contes et légendes croisées (Le dernier Chant des Nuits-Bellules, Rouge Feu, L'Ile Suspendue…) et d'un prologue direct en deux livres, centré sur la jeunesse et les mésaventures d'un des personnages de La Lune de Sang.
 
Tome I - La Compagnie de la Lune   --   Chapitre 9 / 243 pages
Tome II - Les Artefacts d'Orënn   --   en cours...
Tome III - La Compagnie de la Lune   --   en cours...
Contes et Légendes de la Terre d'Aspenn   --   en cours...
Prologue - Tome I - Jeunesse   --   en cours...
Prologue - Tome II - L'Héritage du Lycan   --   en cours...
 
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Soleil Noir - Une trilogie de Science-Fiction, dont je ne dévoilerai pas ici la trame (parce que bon, si c'est pour que l'on reprenne l'idée pour son compte…)
 
Livre I - Le Dévoreur d'Etoiles   --   en cours...
Livre II - Et la Lumière cessa d'être   --   en cours...
Livre III - La Chute du Soleil Noir [Titre Provisoire]    --   en cours...
 
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Bureau For Paranormal Affairs (B.P.A) - Une série de SIX livres (vous avez bien lu) de Dark-Fantasy (Lovecraft et sa clique de monstres schizophréniques en tête d'affiche), se déroulant de la fin du XIXème siècle à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.
 
Livre I - London, suivi de Ins Avallach   --   en cours...
Livre II - Quai N°7, suivi de Les Cinq Doigts du Diable   --   en cours...
Livre III - Le Chant du Pendu, suivi de Le Chant des Sidhes   --   en cours...
Livre IV - L'Armée du Diable, suivi de Infula Atlantis   --   en cours...
Livre V - Dei Ex, suivi de Red Oktober   --   en cours...
Livre VI - L'Ombre Blanche, suivi de Svastika   --   en cours...
 
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Helldorado – La descente aux enfers de trois desperados – une femme noire accusé du meurtre de son "employeur", un marshal désabusé du droit chemin, et Mr Lynt, un tueur schizophrène – qui tentent de fuir les USA dans l'age du far-west.
 
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Les Chroniques d'OutreMonde – Un recueil de nouvelles plus morbides et dérangeantes les unes que les autres, dans un univers de Dark-Fantasy propres aux monstres et fous psychopathes…
- La Rose Noire
- La Marque du Viking
- Post Mortem
- La Larme de Venus
- In Nomine Demonis
- L'Homme Sans-Visage
- Le Grand Apocalypse Blanc
 
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Nemesis – "Aussi la mortelle Nyx porta Némésis, pour affliger les hommes mortels". Les tribulations d'un irlandais dans les USA des années 70, tueur à gages plus par amour que appât du gain.
 
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ELEVEN - Sombres Messies – Une nouvelle de Science-Fiction, dans un univers cyber-punk. Des expériences menées sur des humains les amènent à se changer en bêtes. Les survivants se regroupent, traqués par la Force, le conglomérat contrôlant la planète, et fondent le groupe ELEVEN.
 
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Et enfin, un recueil de nouvelles, aux styles divers et variés.
- Z
- Icarus
- La Fontaine Blanche
- Psycho Circus
- Sur les rails de la démence
- Trauma
- Rapa Nui
- Une belle nuit d'été
- Milestone Pangalactic
- Echec et Mat !
 
par John L. Kurtiss publié dans : Carnets de route
Dimanche 17 juin 2007
Luciole d'Automne
 
Teintes changeantes au gré des lunes,
Miel, corneille aux reflets bleutés,
Ou bien d'olives pétillantes,
Mêlées d'oranges pulpeuses, sanguines.
  
Volette la nuit, sourit le jour,
Couleurs automnales;
  
Du fin fond de rêves de loups,
Surgit une crinière blanche et roux,
De conteuse errant sur les terres.
  
Volette la nuit, sourit le jour,
Charmante luciole vagabonde;
  
Poète aux pensées légères de bulles,
Enserrée de bouts de métaux irisés,
Comme autant d'étoiles en constellations,
Sur ce corps de vallons, saveur de pêche.
  
Volette la nuit, sourit le jour,
Entre feuillage et asphalte.
  
Il y a tant de beauté, triste,
Des soirs comme ça…
   
par John L. Kurtiss publié dans : Carnets de route
Jeudi 14 juin 2007

Au détour d'un sentier bordé d'herbes folles, en route pour les terres du Sud, je croise un vieillard, assis sur le bord du chemin sur une pierre ronde et lisse. Il est affublé d'un long manteau râpeux, et d'un chapeau noir à larges bords. Avec le grand bâton de bois qu'il tient à la main, il me barre la route et lève la tête vers moi.

Son visage est buriné, il a une petite barbe grise et drue, et ses yeux, tirant sur le gris fade, me fixent intensément. 

 

- Connais-tu l'histoire de Myrddin, voyageur?, me dit-il d'une voix enrouée. 

Et avant que j'ai pu esquisser une réponse, il continue :  

 

Long sommeil d'ivoire,  

Seul dans une tour de vents,  

Sous le sol de vert et de roches,  

Rêvant de sa douce traîtresse.  

 

Myrddin, Merlin, Myrddin,  

 

Il songe sans cesse  

A ses cheveux noirs et  

Ses yeux d'ébène, triste  

Qu'il est de n'avoir plus qu'eux.  

 

Myrddin, Merlin, Myrddin,  

 

Une araignée, portée par le vent,  

Sous les menhirs chuchote :  

"Oublie, et oublie l'oubli même.  

Laisse le temps, la pluie, la fille."  

 

Myrddin, Merlin, Myrddin,  

  

Hélas, il n'y peut songer  

De renier ce doux conte  

Aux tréfonds du néant  

Dans ces abîmes d'esprit. 

 

Myrddin, Merlin, Myrddin,  

 

Cette histoire, ce rêve  

De dragons et d'épées,  

Est la seule qui lui reste.  

Car vous le savez…  

 

Triskel et dolmen ne poussent plus  

En pays des pommes d'Avalon. 

   

- Les pommes d'Avalon? Qu'est-ce exactement?

- C'est un lieu oublié des hommes et des loups, dans un temps qui n'est plus notre, me répondit le vieil homme, en fixant maintenant Aby, avec un air de nostalgie. Quelle charmante créature, un feu-furêt à n'en pas douter… 

Je commençais à trouver cet étrange homme sympathique.

- Pourquoi ne me dîtes- vous pas votre nom, vieil homme? Nous pourrions converser en chemin… 

- Mon nom, comme mon cœur, ne m'appartient plus depuis longtemps. Quant à mon chemin, je m'étonnerais que tu veuilles m'y suivre, John, du moins pour le moment. 

   

J'étais stupéfait.

- Comment connaissez-vous ce nom? 

Imperturbable, le vieillard se leva, épousseta son manteau, et revissa son chapeau sur son front ridé. Puis il sourit, faisant luire ses vieilles dents à moitié jaunies, et dit : 

- Tu es étrange, mon garçon… Tu vis dans un rêve, dont tu maîtrises les tenants et aboutissants, et pourtant, tu n'en contrôle pas les intervenants… Je me reconnais bien là, à songer les yeux ouverts… 

Il ramassa son bâton, et commença à s'engouffrer dans les herbes hautes. 

- Je ne te dis pas adieu, mais à très bientôt, mon garçon… à très bientôt. 

Puis, s'éloignant, il s'arrêta soudain, et se retourna avec un sourire en coin. Il releva le bord de son chapeau, et me lança d'un air mystérieux : 

- Mais surtout, John … Un loup est libre, mais trop souvent solitaire… Si c'est la vie que tu choisis, méfie-t'en. 

- De quoi? 

- Des sentiments, et des troubles qu'ils causent. Surtout chez toi… Tu donnes trop, en trop peu de fois, et cela effraie. N'oublie pas… Persévérance et obstination ne sont pas de même nature.

 

...

 

par John L. Kurtiss publié dans : Carnets de route
Dimanche 10 juin 2007

Le voyage reprend, après quelques temps laissé de côté… près d'une décade. 

 

J'aime beaucoup la mer, un jour de Panatëum frémissant sous le vent. Cette brise fraîche, qui gifle les cheveux, courant sur les herbes folles pour venir briser les vagues et grignoter les rochers. 

La Presqu'île d'Ekkennÿ étend son bras sur la mer du Soleil Jaune, dans la blancheur ouatée du soleil. 

Tara (j'aime à penser qu'elle se nomme Tara, même si elle ne parvient plus à parler) est assise derrière moi, et enserre de ses mains froides, fantomatiques, ma taille. 

Sans mot, j'avais compris qu'elle ne souhaitait pas laisser sa dépouille mortelle dans ces bois inquiétants. Pour l'heure, le corps est enveloppé dans une couverture fermement attachée en croupe de Peÿlos. 

 

Tout à l'heure, j'irais l'enterrer sur les bords de la falaise, face à la mer et au soleil levant. 

 

 

 

… 

Je prends la dépouille sur mon épaule, sans un mot, le visage fermé. Je l'amène près de la fosse, que j'ai creusée au préalable. Un coin de nature à l'abri du vent, entre deux pentes de terre, pour que la bise ne s'y engouffre pas. 

J''y dépose le corps avec une extrême précaution, en faisant de mon mieux pour qu'il ne cogne pas contre le sol meuble. 

Ceci fait, je me tiens là, devant la fosse ouverte, et entame une homélie, apprise des elfes, lors d'un de mes nombreux voyages : 

   

Nul écho ne résonne, 

Pas un chant, pas un souffle. 

Le jour file dans les cimes, 

et vient le crépuscule rouge. 

 

L'arbre de vie souffre, et rend

Une feuille d'argent aux ombres. 

  

L'heure du sommeil est venu 

pour celui que nous pleurons. 

  Il s'en est retourné libéré 

vers les plaines immortelles. 

 

L'arbre de vie souffre, et rend 

Une feuille d'argent aux ombres. 

 

Aby pousse un glapissement de tristesse, et se blottit contre mon cou. Je le gratifie d'une caresse affectueuse, puis prends la pelle, et entame de recouvrir la tombe.

Tara se penche, et passe sa main à travers l'étoffe mortuaire. Puis, dans un souffle, elle retire ce qui semble être un pendentif, qu'elle portait à sa mort. 

Elle me le tend, avec un vague sourire de remerciements, mêlé de tristesse, et le laisse tomber dans ma main. Le collier en métal tinte faiblement en touchant ma paume. 

 

 

 

Edya Odä, déesse-louve des Vanaheim. 

Tara me sourit une dernière fois, et puis disparaît, brume évanescente, dans le doux crépuscule… 

   

par John L. Kurtiss publié dans : Carnets de route

 "Edya Acatäsh, grand dieu des voyageurs"

Aspenn, terre de légendes et de mystères... Même si de sombres évênements ont entaché de sang les hautes plaines de notre terre, j'aime encore à m'y égarer, perdu dans mes pensées. 

 

Ce que vous lirez dans ces lignes, parfois pur produit des chimères du tabac du Sud et de l'hydromel local, n'est certainement pas écrit pour la postérité, et d'ailleurs ne sera peut être même pas compréhensible à certains.

Mais laissez-moi vous servir de guide, et vous comprendrez que l'on peut s'évader... même dans son esprit.

 

Mon nom est John, et je vous souhaite la bienvenue à Andëmiss Cité-Folle.

 

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